Le piano électrique Wurlitzer est un instrument de musique de 64 touches dont les sons sont produits par des marteaux venant percuter des petites lames de métal. On retrouve sa sonorité unique dans de nombreux morceaux depuis les années 1970. Moins employé dans la musique populaire que le piano électrique Rhodes, il est beaucoup utilisé dans les écoles de musique, et est un élément caractéristique du son du groupe Supertramp. Ray Charles, Steely Dan, Daft Punk, les Doors, Sun Ra et Neil Young en ont également fait usage. Bien qu’apparenté au Rhodes, il a un son qui lui est propre, qui s’apparente parfois à celui d’une guitare électrique avec une énergie agressive dans les basses. Doté de 64 touches, sa tessiture correspond à celle du piano (à 88 touches) moins deux octaves, la plus aiguë et la plus grave.

Historique
Origine
Né en 1890 aux États-Unis, Ben F. Meissner développa de nouveaux concepts d’application électrique pour produire de la musique dans le milieu des années 1930. Il breveta ses idées en 1932 et accorda des droits de reproductions de plusieurs de ses idées révolutionnaires. Parmi ces idées, il y avait des composants pour télévision, un conduit d’électrons et, le principe du Wurlitzer : un piano électrique.
L’approche de Meissner a été de placer un micro électromagnétique sur chacune des cordes d’un piano acoustique ordinaire. Il plaça ensuite des tiges de métal dans lesquels il soufflait de l’air afin de produire un son plus puissant. Son concept intéressa plusieurs manufacturiers de piano à travers le pays. Il vendit alors son concept à la compagnie Everett Piano qui devait produire ses idées originales. Mais plutôt que de développer un piano électrique, ils inventèrent un orgue électrique. Réalisant l’intérêt des idées de Meissner, Wurlitzer décida d’aller de l’avant et aboutit à la production d’un piano électrique semblable au Rhodes. Le hit Mercy, Mercy, Mercy! de Joe Zawinul fut joué sur un Wurlitzer.
Bien que semblable, en construction et design, à un Rhodes, le Wurlitzer avait certaines différences, surtout si on parle des derniers modèles. Il était plus léger et donc plus facile à transporter. De plus, Il comprenait un haut-parleur intégré ainsi qu’un trémolo, ce que n’avaient pas les premiers modèles ‘Stage’ du Rhodes.
Mise sur le marché
Le premier Wurlitzer est sorti au début des années 1950 et Wurlitzer fut le premier fabricant à commercialiser ce type de piano électrique. En 1956, un premier album utilisant le Wurlitzer est créé par les Sun Ra and Demons at Play. En 1959, un succès de Ray Charles avec la chanson What’d I Say aida considérablement le lancement du piano Wurlitzer. Son succès augmenta rapidement pour atteindre son apogée dans les années 1960 et 70.
Le modèle 110 avait 64 touches. La série 100 a été rendue célèbre par les artistes de l’époque et les chansons qu’ils faisaient entendre. Bien que ces premiers modèles (de la série 100) possédaient un bon toucher et une bonne sensibilité, ils étaient plutôt difficiles à accorder. On corrigea ce problème avec la série 200 : les anches ne se désaccordaient pas et on l’utilisait grandement dans les écoles de musique.
Il est difficile de trouver aujourd’hui un de ces pianos en bon état, ils ne sont malheureusement plus autant utilisés qu’autrefois, mais il est possible de retrouver le son du Wurlitzer 200A sur les pianos numériques, notamment sur les claviers Korg, Clavia ou Yamaha, mais aussi sur les logiciels de chez Apple, GarageBand et Logic Pro. Sur le marché de l’occasion, il est encore possible d’en trouver.
Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Piano électrique Wurlitzer de Wikipédia en français (auteurs)